Des lions même pas en cage !

– Merci tout d’abord, cher Arnaud, de nous recevoir chez vous.

– On va se vouvoyer tout le long de l’interview ?

– Ben, euh … Oui, c’est mieux. Tu crois pas ?

– Pff … Allez …

– Bien. La question que tout le monde se pose est : Pourquoi avez-vous voulu écrire cette histoire ?

– Je ne sais pas. Les livres, ce sont surtout des rencontres. Des rencontres avec des personnages. Un paysage. Une chanson. Un claquement de porte. On ne choisit pas. Pour les lions, c’est Antoine qui est venu un soir à ma rencontre. Je l’ai écouté. J’ai retranscrit et point barre. Il n’y a rien de magique, vous voyez. J’avais le déroulé devant moi.

– Oui mais ça, c’est la réponse que vous réservez aux journalistes. Pas à moi …

– …

– Reprenons. Pourquoi ce titre ? Pourquoi ces lions ?

– Il y avait cette phrase. Celle de Manset. Lumières. Vous savez, « Le lion secoue sa crinière à chaque coup de fouet … » J’adore ce morceau. Il dure plus de dix minutes, j’ai bien dû l’écouter des centaines de fois. Il est très lancinant et c’est exactement ce qu’il me faut quand j’écris. De la musique qui prend son temps. Qui s’installe. Parce que j’écris toujours dans l’urgence. En tapant à toute berzingue sur mon ordinateur. Avec, disons, le cœur qui s’emballe.

– Le cœur qui s’emballe ?

– Oui, c’est compliqué … Quand j’écris, je tremble, je suis dans un état second … En même temps, j’écris peu … Et peu souvent … Là, ça doit faire trois ou quatre mois que je n’ai pas écrit une seule ligne …

– Mais oui, bien sûr ! Vous pouvez nous rappeler combien de livres vous publiez cette année ?

– Cinq. Mais ça ne veut rien dire. Ce sont des textes que j’avais de côté. Certains ont été écrits il y a presque trois ans. Et puis, j’écris depuis l’âge de 13 ans …

– C’est ça, prends-moi pour un manche …

– Pardon ?

– Non, je voulais dire, vous écrivez aussi les dimanches ?

– Non, ça dépend, j’écris peu et surtout la nuit … Et donc, pour vous expliquer, quand j’écris, c’est que le vase s’apprête à déborder … Il y a tout d’un coup une urgence à raconter, à dire … On n’écrit pas pour inventer des histoires. C’est une véritable expression de soi. Lorsqu’on écrit, c’est qu’il y a une impossibilité de se taire. Mais j’écris peu car c’est épuisant de sans cesse se dévoiler … de toujours puiser. De chercher dans ses souvenirs. De diluer. De faire le bon dosage. De dire sans dire. De construire un récit. Écrire, c’est sortir de soi. Et ce n’est pas toujours évident. Vous comprenez ?

– Pas du tout. Pouvez-vous nous résumer l’histoire des lions ?

– Hé bien, c’est l’histoire d’Antoine dont la maman est tombée amoureuse d’une femme. Antoine vit très mal cette situation. Notamment à l’école où il craint les réactions des autres. Le livre aborde la question du regard d’autrui. Pas toujours bienveillant, vous imaginez …

– C’est une histoire vraie ?

– Sûrement. Toute différence est difficile à vivre. Notre monde est très intolérant, ce n’est pas nouveau. Alors, si les livres peuvent aider à se comprendre … Bien souvent, un livre m’a consolé, rassuré … Bouleversé … Pas vous ?

– C’est peut-être la fonction première de la littérature : celle de faire réagir, d’émouvoir, de provoquer une réaction chez les lecteurs.

– Oui.

– A présent, parlez-nous d’Ella Coutance, l’illustratrice des lions.

– Eh bien, pour tout vous dire, on se connaît peu. Encore une fois, c’est une histoire de rencontre. C’est Alain Claude, l’éditeur du livre avec toute son équipe, qui nous ont associés. C’est une illustratrice pleine de talent qui a véritablement donné vie à tous mes personnages. Tout le livre est parcouru de lions, de rhinocéros, de girafes … C’est un livre vivant, charnel. On entend presque les rugissements … Elle a bien capté la traque. L’enfant submergé par ses émotions …

– Je vois. Animal on est mal … Encore une référence à Manset.

– Je ne sais pas pour elle mais pour moi, effectivement à Manset et à Murat qui parfois intégrait dans ses chansons des bruits d’animaux, des cris, du vent, de l’eau. C’est exactement ça. L’animalité humaine. Le retour aux sources. Antoine, c’est l’animal blessé. Et l’équipe des lions vient à son secours.  Même pas en cage, donc. Libres.

– Et les éditions du Pourquoi pas, comment les avez-vous rencontrées ?

– En fait, j’avais lu « Libres d’être » de Thomas Scotto et Cathy Ytak, livre publié en 2016 par les éditions du Pourquoi pas. C’est un très beau livre. J’ai tenté ma chance chez cet éditeur. J’ai voulu en quelque sorte faire partie de leur famille.

– Bien. Nous vous remercions pour cet échange. Ah et à partir de quand sera-t-il disponible en librairie ?

– Le 1er septembre ! Et merci à toi.

– Mais non, on a dit qu’on se vouvoyait. Vraiment relou cet auteur …

– Pardon ?

– Non, je disais : On vous souhaite beaucoup de bonheur !

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