Nouveautés / 2018

Pourquoi le soleil aime la soupe, un album illustré par Olympe Perrier aux éditions L’initiale /// Sortie le 13 mars 2018.

J’adore pas trop, un album illustré par Stéphanie Marchal aux éditions Kilowatt /// Sortie le 18 mai 2018.

Des lions même pas en cage, un petit roman illustré par Ella Coutance aux éditions du Pourquoi pas /// Sortie le 1er septembre 2018.

Moutz et Bobine, un album illustré par Stéphane Nicolet aux éditions La Poule qui pond /// Sortie le 13 septembre 2018.

ET ENFIN …

Je publierai « Dans mon coeur » avec  Csil  aux éditions Frimousse le 8 novembre …

Portez-vous bien,

A.

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Calée sur mon épaule

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Toujours avec moi. Elle ne me quitte pas. Elle me quitte jamais. On vit toutes les deux. On est pas des malheureuses. Non, on se tient chaud quand il fait froid. Et froid quand il fait chaud.

Dans le camping, la rumeur dit que je dors avec elle. Qu’il n’y a qu’elle qui veuille de moi, dans son lit. Tous des imbéciles, tous. Je les déteste. Tous. Jusqu’au dernier.

Moi, elle me sauve. Tu comprends, toi. Cette fichue carabine. Oui, étrange je sais mais on peut dire qu’elle m’a sauvée. Et plus d’une fois. Et pas que moi. Tu te souviens de Côme ? Dis, tu te rappelles de lui ?

Toujours avec moi. Elle ne me quitte pas. Elle ne m’a jamais quittée. Elle m’évite les mots en trop. Les discussions trop longues. Elle évite les pleurnicheries. Elle est bien pratique. Tout le monde devrait en avoir une, tu crois pas ?

Bon.

Ça fait combien de temps, maintenant ? Hein, combien d’années qu’on ne t’a pas vu au Tropical, Pëppo ? Tu permettes dans ici que je t’appelle « Mon Pëppo » ? Personne ne sera au courant. Personne, pas même ma carabine. Je l’ai rangée dans son étui pour t’écrire. Je voudrais pas qu’elle soit jalouse.

Dis, j’espère au moins que tu te la coules douce en Espagne. Je me souviens quand Côme a appris que vous étiez partis avec Marie-Lola. Comme ça, sans rien dire à personne. Je me souviens de sa tête. J’étais dans ma caravane. Je riais assise à ma table, la télé éteinte. J’en ai même repris du rhum que j’ai bien failli avaler de travers.

Avec elle, je suis tranquille. On me pose pas de questions. On me laisse. Mourir toute seule disent les mêmes imbéciles. Avec elle, pourtant, je vais t’ouvrir mon cœur.

Bon.

Te moque pas de moi, hein le piaf !

Aujourd’hui, la vieille pie a sorti son papier à lettres. Ça faisait un moment qu’il moisissait dans un coin. La dernière fois que je l’ai sorti, c’était pour écrire au maire pour qu’il interdise ces maudites mobylettes qui nous explosent les tympans. C’était il y a plus de huit ans, déjà. Et bien entendu, il n’a rien fait, cet incapable …

Voilà, je voulais t’écrire. Parce que je n’ai jamais réussi à te le dire pendant tout ce temps. Toutes ces années où tu courais devant chez moi. Où tu riais avec Max et l’Argentin et où il y avait tout le temps de la musique autour de toi. Tu es tellement solaire, tu sais ça ? Tu es tellement …

Une fois, j’ai tenté. Mais tu filais avec ta planche vers les vagues.

Donc, maintenant que tu es en Espagne. Maintenant, je voulais te dire. Déjà que Bibiche s’en sort à merveille avec le camping. Si tu la voyais. Aussi à l’aise qu’un poisson dans l’eau. C’est Henri qui accueille les touristes. Il a délaissé ses pantalons gris et a opté pour le short rouge à fleurs blanches. Ridicule je te l’accorde mais il passe pour un parfait surfeur.

Ah, les maudits touristes … Ils arrivent de partout, ces nigauds. Mais t’en fais pas. Dès qu’il y en a un qui rôde trop près de chez moi, je sors avec ma carabine bien calée sur mon épaule. Crois-moi, ça fonctionne à merveille.

Ils déguerpissent aussi sec. Comme des lézards.

Je voulais te dire, ensuite, que je suis fière d’avoir un petit fiston comme toi. Oui, voilà tu sais. Tu t’en doutais peut-être ? Je suis la mère de ton père. Voilà, ta grand-mère si tu préfères.

Tes parents n’ont jamais voulu que tu l’apprennes. C’était compliqué pour eux. Tu comprends, non ? Pour tout le monde, je suis dérangée. Une vraie folle. Ils avaient peur pour toi. Que des débiles s’en prennent à toi … Mais maintenant que tu es loin, ça n’a plus vraiment d’importance …

Bon.

On va pas chialer, hein ?

Bon.

Sache que, si tu reviens un jour voir ta vieille voisine, ta vieille carcasse, promis, elle voudra bien poser sa carabine et caler ta tête sur son épaule.

Mado

 

Texte librement inspiré du livre de Séverine Vidal.

© Arnaud Tiercelin – Tous droits réservés – 07 /2018.

 

16 nuances de première fois.

Sortie le 21 septembre 2017

Présentation de l’éditeur

Quand on est ado, on se dit que la première fois, ça va être génial. Mais on a peur, on angoisse de ne pas savoir faire, de ne pas y arriver, d’avoir mal…

Ce recueil de nouvelles présente ainsi, à hauteur d’adolescent, seize facettes de cette « première fois » omniprésente dans les corps et les esprits, avec douceur, délicatesse, humour, poésie, tendresse … et érotisme.

À l’inverse des images envahissantes d’une sexualité très codifiée, axée sur les stéréotypes et la recherche de performance à tout prix, ces nouvelles permettent à l’adolescent de mieux se représenter les réalités et les enjeux de sa propre première fois. Car la première relation sexuelle est un moment crucial de la vie d’une personne : comment aller vers ce monde de la sexualité qui fait à la fois peur et envie ? Comment vivre ce qui semble si naturel et est pourtant si complexe ?

La force de ces nouvelles est de montrer aux ados que la sexualité est un monde qui s’invente, se découvre, se construit à deux et qui, quelle que soit la manière dont on a préparé « l’instant fatidique » (livres, films pornographiques, discussions, fantasmes…) ne ressemble en rien à ce qui était prévu.

***

Voici le sommaire du recueil

Nouvelle notification par Clémentine Beauvais
Dr Jekyll, Mr. Hyde et moi par Benoît Broyart
Le torse plastique par Hélène Rice
Des fées par Arnaud Tiercelin
Fixer les vertiges par Antoine Dole
Mon beau miroir par Emmanuelle Urien
In Gode We Trust par Axl Cendres
Action ou vérité par Manu Causse
Il était une (première) fois par Rachel Corenblit
Odessa par Cécile Chartre
Toutes les connes s’appellent Manon par Driss Lange
Mike le bûcheron par Taï-Marc Le Thanh
Sans elle par Gilles Abier
Ça sert à rien par Sandrine Beau
Something Evil’s Lurking in the Dark par Chrysostome Gourio
À l’ancienne par Séverine Vidal

***

Et voici les premières lignes de ma nouvelle « Des fées »…

Lentement, le soleil perd de sa voix. Ses rayons n’arrivent presque plus à traverser les branches et des zones d’ombre apparaissent un peu partout sur le sol. La journée a filé sans que je m’aperçoive vraiment de quelque chose. Depuis que je suis parti, j’ai marché, suivant le chemin qui mène au sommet. J’ai aussi pas mal dormi contre un chêne. J’ai
cueilli des mûres. J’en ai avalé une de travers. Et j’ai toussé. Ah ça, oui, j’ai toussé comme un malade. À un moment, j’ai cru que c’était du sang et puis non. C’était juste des bouts de mûres. Je me suis retenu à un tronc. J’ai tenté de respirer doucement. J’ai essayé de faire au mieux sans mes médocs. Je n’avais rien pour me soulager. Mais il n’était pas question que je retourne à la cure ….

A commander ici !